# 1

# 1
I am here

& here

but now, I'm most of the time there

Enjoy reading ?









Chapitre 1

Autour de moi, la foule hurle, les fans sont en délire et plus d'une groupie hystérique me jette des regards mauvais. Ici, tous les déchets qui n'ont pas pu acheter de places de concert et qui attendent avec regret devant leur hôtel que les rock stars daignent revenir du concert. Je suis plaquée contre un garde du corps qui nous regarde avec mépris et suffisance. Pour cet homme au Q.I. de mouche unijambiste, nous ne sommes qu'une bande de de filles démentes et désespérées. Mais je crois surtout que ces hommes nous méprisent car nous ne nous intéressons pas à eux, trop éprises de leurs protégés : les Tokio Hotel. L'espace d'un instant, je me demande ce que je fais ici, au milieu de toutes ces filles plus laides les unes que les autres. Qu'ai en commun si ce n'est cet passion avec ces filles ? Rien. Absolument rien. Une voix me crie au fond de moi que je vaux mieux que ça. Mieux que d'attendre sous la pluie plaquée contre un tas de muscle transpirant et répugnant juste pour entre apercevoir un groupe que je n'entendrais même pas jouer. Mais pourtant, je suis là. Alors pour le moment, je ne vaux pas mieux que toutes ces filles qui me bavent littéralement dessus.

Enfin, une voiture noire tourne au coin de la rue et avance lentement vers nous. Trop lentement à mon goût. La foule s'élève à nouveau. L'adrénaline monte de plus en plus sous forme d'une odeur suave et entraînante. Je sens mon coeur battre douloureusement dans ma poitrine alors qu'on me compresse de plus en plus. Le garde du corps avance vers moi et un chemin se forme peu à peu alors que mes tympans vrillent de hurlements. Je me tais. Endure. Et une première tête sort de la voiture : c'est Gustav. Il court vers la foule, à peine impressionné et signe quelques autographes sur les papiers que lui tendent les fans tout en lui hurlant des mots qu'il ne comprend sans doute pas. Non. Car nous sommes en France. Et lui est Allemand.
Une deuxième tête sort de la voiture. Une tête aux longs cheveux noirs pointés vers le ciel. Bill. Il est encore en sueur. Bien qu'il fasse nuit depuis un moment en ce soir de novembre, il porte sur son nez des lunettes noires. A sa vue, la foule se déchaîne. Dans un immense cri, je glisse le long du garde, plus compressée que jamais et me retrouve contre son bras. Je tombe en face de Tom qui est discrètement sortit de la voiture, lui aussi. Mon visage, crispé par la douleur se détend dans un sourire qu'il me rend. Il me tend son marker comme pour proposer un autographe mais je lui fait signe que je n'ai rien sur quoi il puisse écrire. Une seconde, il semble réfléchir tout en me fixant. Il crie alors quelque chose que je n'entend pas au garde du corps contre lequel je m'appuie et saisit mon poignet. Me tire de toute ses forces. Je suis perdue. Je ne comprend pas. Et tout d'un coup, je sens comme un mur qui se referme derrière moi alors que je m'extrais des sables mouvants. Je met un temps infini à comprendre que je ne suis plus dans la foule, parmi les fans. Je suis maintenant sur le chemin qui même au grand bâtiment qu'est l'hôtel et Tom m'attire vers celui ci. Je réalise mal. Mal qu'il m'ai choisit dans la foule. Evidement, je sais ce qu'il attend de moi, malgré mes 15 ans. Mais la vie n'est pas un conte de fée. Et c'est toujours mieux que rien. Alors je franchis les portes de l'hôtel à sa suite. Comme en écho, j'entend les cris désespérés de toutes ces filles qui m'insultent. Qui hurlent à Tom de revenir les prendre, mais rien n'y fait. Je suis maintenant dans le hall du grand hôtel et le contraste sonore est impressionnant. Je balaye l'endroit d'un regard. Je crois n'avoir jamais vu un endroit aussi grand et rayonnant de luxe. Tout est beau et ordonné. Tout brille, tout est propre, tout crie l'argent. J'admire pour ne pas regarder le groupe qui est maintenant à portée de main et qui semble m'ignorer. Tom semble relâcher la pression sur mon poignet qu'il avait gardé serré dans sa main depuis dehors. Je frissonne. Je tremble même. Je ne réalise pas assez bien l'ampleur de la chose. Tout me dépasse. Je n'aurais jamais imaginé. Bill semble me lancer un regard empreint de dégoût. Je baisse les yeux. J'ai déjà honte de ce que je m'apprête à faire. C'est étrange, comme sentiment. Se dire qu'un million de filles à ma place n'auraient pas hésité et que j'ai une chance inouïe, et pourtant se dire qu'un autre million de personne aurait terriblement honte à ma place. Mais moi, dans tous ces millions, je ne sais pas ce que je veux. De toute façon, je n'ai plus vraiment le choix, je l'ai suivis. Pour ne pas mentir à moi même où aux autres, je vais concéder que je n'aime pas que la musique dans ce groupe. Bien sur que la principale raison est là, mais je ne peux dire que le physique des interprète me dégoûte. Bien hypocrite serait celle qui le dit, d'ailleurs. Alors je tente de me convaincre que j'ai fais et que je fais le bon choix. Toujours incertaine.
Tom se tourne enfin vers moi après avoir récupéré le pass de sa chambre et m'attire vers lui. Je ne résiste pas. Ce soir, je ne suis qu'un objet. Et je profite de l'instant présent. Ces mots tournent en boucle dans ma tête. Il esquisse un sourire que je lui rend alors que sa main descend dans mon dos. Je laisse aller mon corps contre son torse. Ce soir, je suis consentante, cette fois...

J'entend l'ascenseur récupérer les autres membres du groupe et Tom m'y attire ensuite. Notre contact n'aura duré que quelques secondes mais je ne regrette pas. Pas encore sans doute. Je suis calme malgré le combat intérieur que je mène pour garder les images au fond. Ce soir n'a rien en commun avec la dernière fois. Ce soir je veux bien. Ces mots résonnent, eux aussi dans mon esprit. D'ores et déjà, mon amant me plaque contre le mur du l'ascenseur et applique avec empressement ses lèvres sur les miennes. Il m'embrasse comme s'il avait passé des années à me désirer. Toute l'illusion est là. Je lui rend son baiser comme avec un sourire. Et m'écarte de ses lèvres. Toujours pas de regrets. Toujours pas d'images qui me remontent. Sa main glisse le long de ma cuisse. Je regarde par dessus son épaule un instant. Bill regarde ailleurs. Georg et Gustav aussi. Ils sont habitués sans doute. Ma fierté aussi en prend un coup. Faire partie du tableau de chasse. Pas vraiment glorieux.
Avec un bruit significatif, l'ascenseur arrive enfin au 5ème étage. Je glisse deux doigts entre la ceinture de Tom et son jean et l'attire vers la chambre qui lui est attribué. Lui me suit docilement. Il glisse le pass dans le boîtier prévu à cet effet et, à l'instant même ou la porte se claque, se jette dans mon cou. L'embrasse fiévreusement. Je me cambre et lance un regard vide vers le plafond. Je me sens décalée, distante. Le plaisir que ses baisers et ses caresses me procurent afflue dans mes veines mais je ne le vis pas pleinement. Pas encore.
Alors qu'il mort le lobe de mon oreille, je le pousse de plus en plus vers le fauteuil qui est le premier meuble que j'aperçois. Lui semble en décider autrement. Ses deux mains passent sous mes cuisses alors qu'il me soulève de terre. Me porte jusqu'à une table. D'un geste il balaye tous les objet qui reposent dessus les laissant se fracasser au sol avec insouciance. Et me voici assise, sur la table, en face de lui qui tente maintenant de m'enlever mon haut. Je lève gracieusement les bras lui dévoilant mon ventre puis ma poitrine emprisonnée dans mon soutien gorge. Il semble perdre littéralement tout contrôle à la vue de mon corps à présent presque nu. La ceinture de mon jean est défaite et ce n'est qu'un question de seconde avant qu'elle ne soit plus. Quand à lui, il retire précipitamment son large T shirt et laisse aller ses lèvres sur mon ventre. Le moment n'est que pure action. Mon esprit bloque les pensées qui se pressent contre cette barrière. Il ne faut pas que je réfléchisse. Je me laisse aller contre la table de marbre et m'allonge en frissonnant à ce contact glacé. Ses mains à lui sont partout à la fois me laissant sur la peau des marques frissonnantes. Je n'ai pas encore défini si ces marques sont agréables ou non. Je tente avec mes mains d'atteindre son corps mais il ne m'en laisse pas le temps. je lui livre mon corps si bien que je ne dois pas bouger. Le laisser faire. Si c'est ce qu'il veux...
Et soudain, un bruit se fait entendre. Un bruit qui me ramène peu à peu à la réalité et brise du même coup la barrière qui empêchait les pensées affluer vers mon esprit. Ce bruit, c'est un bruit mat : celui d'une main qui frappe contre une porte en bois. Je me laisse couler de la table alors que Tom reprend lui aussi ses esprits. Je marche vers la porte, dénudée et vais ouvrir sans prendre la peine de me rhabiller. Avec assurance, je l'ouvre. C'est Bill. Il tombe en arrêt quelques secondes sur ma poitrine à peine cachée par mon soutien gorge et sur mon ventre nu, puis d'un air plus méprisant encore, il relève la tête et fixe Tom.

-On a une urgence...









Edit.
Tout d'abbord, J'ai effacé tous mes chapitres parce que l'histoire ne me plaisait pas. Pas dans mon univers. Cette idée, je l'ai eu dans la voiture, en écoutant le groupe Paramore. Je n'ai pas fait de présentation des personnages, ni de moi même (qui ca interesse ?). Contrairement aux aparences de mon premier chapitre, cette histoire n'a rien d'un fantasme personnel. J'ai dépassé ce stade, je pense. Mes personnages ne vont en aucun cas vivre des vies de rêve et de luxe sans évènements notoires. On pourrait plutôt parler du contraire et je conseille aux lecteurs de lire ma première fiction : Life And Rock. Elle vous aidera à comprendre mon etat d'esprit. Sinon, je préfère le dire dès maintenant, je ne préviendrais personne de suites éventuelles sauf en rares cas. Je ne donne pas mon msn. Je n'accepte pas les critiques, car la plupart viennent de débutants à l'orthographe de bac à sable, et je suis très critique envers les autres autant qu'envers moi même. Je crois que c'est tout pour le récapitulatif. Bonne lecture ^^.

Je vous déconseille de faire de la pub ici
Pour vous plus que pour moi
Car comme je l'ai dit précédement, je suis très critique et comme la plupart des fiction qui font de la pub écrivent en langage texto avec une sintaxe douteuse, je risque d'être assez méchante, faute d'autre mots. C'est agacant de chercher une véritable histoire et de ne tomber que sur ces histoires. Mais prenez le risque si bon vous semble, je passerais sans doute voir...
Je vous déconseille de faire de la pub ici
# Posté le dimanche 04 novembre 2007 15:59
Modifié le vendredi 01 février 2008 07:27

# 2

# 2
Chapitre 2

Tom se relève et avance vers son frère, une question en suspens dans le regard.

-Pas devant elle...

J'hausse un sourcil devant son impolitesse et son mépris. C'en est plus que ma fierté ne peux supporter. Je laisse à mon amant le soin de tenir la porte ouverte et vais récupérer mes affaires. Alors que Bill esquisse un sourire railleur, son frère lui lance un regard chargé d'accusations. Il soupire avant de marcher vers moi. Il me court après. C'est déjà ça. Il me prend par la main et me ramène face à son frère qui est maintenant adossé à la porte et qui garde son visage déformé par cet agaçant petit sourire mesquin. Je lui rend un sourire qui n'en est pas vraiment un et laisse Tom triturer la boucle de ma ceinture d'un air absent. Ses doigts sont froids. Son frère hausse les sourcils devant la fausse complicité qui nous unie le temps d'un soir, avec Tom et lui demande de m'éjecter.

-Alors ?

Demande le fier guitariste.

-Pas devant elle je t'ai dit. C'est confidentiel.

-Elle dira rien, je sais même pas si elle parle Allemand.

-Charmant.


J'hausse à nouveau un sourcil devant leur échange tendu mais ne dit rien. Si je peux tourner leur ignorance à mon avantage...

-On va devoir partir ce soir, l'avion de demain a eu un problème.

-C'est ça ton truc confidentiel qui m'interrompt en pleine action ?

-Il décolle dans 1h.

-Merde.


Bill qui était tendu pendant tout l'échange et qui n'avait cessé de me lancer des regards méprisant sembla enfin se détendre et me fixa d'un air triomphant. Je ne répond rien. C'est a mon tour de le mépriser. S'il ressent les conquêtes de son frère comme de la concurrence pour son attention, il tombe bien bas. Je lui fais sentir mon dégoût et vais chercher mes habits. Bill repart. Tom ferme la porte derrière lui. Le silence est emplit de tension.

-Tu parles allemand au fait ?

-Evidement.

-Je suis désolé.

-Désolé de quoi ?

-Euh... Qu'on ai pas... Enfin tu vois. Finit...

-Il y a pas a l'être.


Il semble prit de court par ma réponse mais n'ajoute rien. C'est peut être mieux ainsi, finalement. J'aurais approché mes célébrités préférées. Pénétré dans un centimètre de leur vie et j'en serais ressorti indemne. C'est avec cette amère conclusion que je prend la porte.

-Attend !

Je me retourne et rattrape la porte avant qu'elle ne se ferme définitivement sur celui qui aurait pu être mon amant. Je le fixe silencieusement. Il s'approche.

-Je te déconseille de sortir par la grande porte, on est encore cernés par les fans, t'aurais des ennuis...

J'acquiesce, toujours en silence. Je n'avais pas pensé à cette éventualité.

-Attend nous, on te feras sortir avec nous tout à l'heure, tu veux ?

J'hésite un instant. Mais il n'y a pas beaucoup d'autre solutions. Je pénètre à nouveau dans la chambre d'hôtel alors que Tom sort déjà ses valises de sous son lit et s'empresse d'y entasse la tonne d'habits qui jonchent le sol. Je ne lui propose pas mon aide. M'assois sur le lit. L'observe. Mon regard glisse ostensiblement sur la paire de string qu'il glisse d'un air entendu au milieu de ses affaires dans ses valises. La quantité de vêtements qu'il possède est impressionnante. Je suppose silencieusement que sa garde robe repose dans ces 3 valises puisqu'il n'a nulle part où les laisser. Je soupire. Il mène une vie de rêve, et moi, de haut de mes 15 années de misérable vie de banlieue, je ne fais pas le poids. Je laisse mon esprit rêver l'espace d'une seconde qu'il pourrait m'emmener avec lui. Que je serais prête à tout quitter pour lui. Mais je rejette cette idée rapidement de mon esprit. Ce n'est malheureusement qu'un fantasme. C'est un conte de fée, le prince charmant qui arrache sa princesse à sa vie misérable pour lui faire découvrir une vie de palace. Et si bien tentée que ce genre de contes de fées arrivent, je ne suis pas une princesse. Une pétasse de luxe tout au plus.
Je réalise tout d'un coup que Tom a cessé de faire ses valises pour m'observer. Je relève les yeux vers lui. Il semble réfléchir.

-Faudrait qu'on termine ce qu'on a commencé, quand je reviendrais...

-Possible.

-T'as un numéro ?


Surprise, je lui laisse mon numéro de téléphone. Je doute intérieurement qu'il me rappelle un jour, mais je suis flattée de son initiative. Il a tellement d'autres filles a sa dispositions. Je ne suis qu'une parmi ces autres. C'est complexe comme réflexion. dure à assimiler. Je repars dans mes pensées. Lui dans son empaquetage. La nuit est avancée, elle permet à mon esprit de vagabonder. Mes parents s'inquiètent sans doute d'où j'ai bien pu encore passer. Mes amies que j'ai perdu, il y a me semble t il une éternité dans la foule doivent s'inquiéter, elles aussi, a moins qu'elles ne m'aient vu partir avec Tom. C'est sans doute le cas. Je m'allonge sur le lit, fixe le plafond et tente de mettre de l'ordre dans mes idées. C'est un moment exceptionnel. Je n'en profite sans doute pas assez, mais je suis trop fatiguée pour changer ça. Un long moment s'écoule alors que je contemple le plafond. J'entend enfin la fermeture de la troisième valise se fermer alors que la chambre d'hôtel retrouve toute son impersonnalité. Tom soupire avant de se laisser tomber à coté de moi sur le lit. Je ne dit rien.

-Tu m'as pas dit quel âge t'avais, tout à l'heure.

-C'est important ?

-Non.

-16 ans.

-Tu mens.

-Pourquoi ?

-T'as hésité.

-Pas vrai.

-Tant pis, moi je m'en fou, j'essayais juste d'engager la conversation.

-D'accord. Raconte moi quelque chose alors.

-Quoi ?

-Un truc qu'on peut pas lire dans les magasines de préférence.

-D'accord... Attend, je cherche. Hum... Voila. Je couche pas avec tellement de filles que ca tout compte fait.

-J'ai du mal a y croire.

-Il fallait bien que l'un d'entre nous ai une réputation de tombeur dans le groupe.

-Si tu le dis.

-A toi. Dit moi quelque chose sur toi.

-A propos de toi. De ta vie.

-Il y a pas grand chose a dire.

-T'es vierge ?

-Non.

-Quand, qui, quel contexte ?

-Il y a un an. Un gars que je ne connaissais pas. Contexte nuit, rue et insécurité.

-T'as été violée ?

-Entre autre.

-Désolé.

-Il y a pas a l'être.

-Parle moi d'autre chose alors.

-Ton tour d'abord.

-Je sens que t'aime pas parler de toi, ca me gène parce que la plupart du temps, les filles en disent le maximum et que j'ai pratiquement rien a dire dans une conversation alors que là, t'es un vrai casse tête à toi toute seule.

-Ok. Je me sens gênée, ce soir, avec toi, parce que tu vis dans le luxe, la décadence et le sexe à volonté et que moi je vis dans une petite maison de banlieue pourrie avec 3 sous pour manger et 2 crétin au lycée.

-Waou. J'ai rien à répondre.

-C'est une longue soirée.

-M'en parle pas, je suis mort de fatigue, et j'ai un avion a prendre.

-Au moins tu vis quelque chose de trépidant.


Il sourit mais je sens que ma remarque jette un froid. Tant pis. Au moins le contact est autre que physique cette fois.
# Posté le jeudi 15 novembre 2007 12:44
Modifié le lundi 26 novembre 2007 13:42

White Lines

White Lines
==> Tournée <==

White lines.

Les lignes blanches défilent sous mes yeux avec une régularité déconcertante. Elles semblent infinies. La nuit toute entière étend son empire sur moi et je m'abandonne et m'enivre corps et âme dans ce sentiment de volupté que procure la route. La nuit. J'ai dépassé le stade de la fatigue depuis un temps déjà. Mais les heures ne s'écoulent pas à la même vitesse dans ce monde céleste que les lignes blanches me procurent. Combien encore me séparent de toi ?
# Posté le vendredi 16 novembre 2007 18:26

# 3

Chapitre 3

Pas vraiment douée pour les au revoir. Encore moins pour les adieux. Plongée dans cette réflexion, je fixe le plafond, allongée sur le lit. L'heure fatidique approche et depuis quelques minutes un calme silence règne entre Tom et moi. Je me lève finalement et vais arranger mes cheveux devant l'immense miroir qui encombre le plus grand mur de la pièce. Ce miroir est décidément trop énorme, il confère à mon image une impression d'irréalité. Et puis j'ai l'air tellement petite, dans ce large reflet. Enfin je redonne une forme correcte à mes cheveux. Des ombres noires flottent autour de mes yeux azur accentuant leurs reflets gris. Derniers vestiges de mon maquillage passé. Mon fin visage encadré par mes cheveux tout aussi noirs a des apparences démoniaques. Toute la légèreté de l'instant avec Tom a disparut. Je n'arrive plus a sourire. La réalité me rattrape décidément trop vite. Je continue d'observer mon reflet alors que j'entend Tom se lever du lit. Mon coeur s'accélère sans que je ne puisse en expliquer les raisons. Je ne veux pas qu'il me touche.
Après un effort monumental pour empêcher la panique de me submerger, je bloque une nouvelle fois mes pensées et domine les battements de mon coeur.

-On y va...

Je me retourne. Je n'avais pas vu Bill entrer dans la pièce. Il hausse un sourcil remarquant que je suis toujours là et fait mine de m'ignorer. Tom acquiesce, trop fatigué pour répondre. Il me fait signe de le suivre et laisse ses trois valises aux soins des employés de l'hôtel.

-T'as besoin que je te prenne un taxi ?

Je répond négativement. Je n'habite pas si loin que ça. J'ai juste besoin qu'on m'écarte un peu de l'hôtel. Georg et Gustav apparaissent enfin, du coin d'un couloir. Georg est lui aussi accompagné d'une fille et il affiche une moue renfrognée devant le discours en français qu'elle lui tient d'une voie haute perchée. Il me lance un regard suppliant comme si je pouvais la faire taire mais je répond par un haussement d'épaules. Gustav, quand à lui, dort déjà, appuyé contre le mur. Tom le bouscule légèrement pour le réveiller et le cortège se met enfin en marche, suivit des bagagistes qui portent avec difficultés les diverses valises du groupe. J'observe avec amusement tout ce petit monde dont l'habitude organisée semble les blaser. J'ai presque peur de retrouver mon ancienne vie après cette aventure d'un soir.
Enfin nous quittons l'hôtel par une des sorties de secours et débouchons dans une ruelle sombre. Le froid nocturne se jette sur moi comme un renard attendant patiemment que le lapin sorte de son terrier. Je frissonne. Apparemment, le groupe connaît le chemin. Je les suis en silence. Les échos du bruit provoqué par l'attroupement des fans, non loin de là, me parviennent et je les appréhende avec une sorte de joie perverse. Maintenant, j'ai la preuve que je vaux mieux que toutes ces filles. C'est une sorte de plaisir moral que de me sentir hors du lots. Je ne fais plus partie du troupeau de moutons. Je glisse un sourire à Tom. C'est ici que nos chemins se séparent. La nostalgie déjà m'envahit. C'est quand les choses s'en vont qu'on prend pleinement conscience de leur valeur. Mon amant s'approche de moi, laisse glisser ses lèvres sur les miennes et me murmure un au revoir avant de partir comme un voleur dans la nuit. Le coeur lourd, je les regarde s'en aller et monter dans un van noir qui les attend au coin de la rue. L'aventure est définitivement terminée.










Un mois. Un mois maintenant que ma vie est devenue cauchemard à cause de ce que j'ai fait. A mon avis, c'est plutôt à cause de ce que je n'ai pas fait, autrement dit prendre mes amies avec moi. Mais je ne regrette rien. Mes ex amies devrais je aussi dire. La jalousie les a emporté loin de moi. En vérité, la jalousie, je crois que c'est le principal mobile pour me pourir la vie. Mais peu importe. Si c'était à refaire, je ne changerais rien. Cette soirée était parfaite. Je l'ai revécue cette soirée. Maintes fois d'ailleurs. Chaque nuit. Chaque nuit en songes depuis. Et la revivre est devenu une obsession. Je crois que le fait qu'elle soit inachevée me plonge un peu plus dans ma dépendance chaque soir où je m'imagine être avec lui. Bien sur, à force, j'idéalise sans doute, mais le principal est là. Je me sens redevenir petite fille attendant avec toute l'impatience de la jeunesse son prince charmant. La vie n'est pas rose au lycée. La réputation qu'on m'a créée, celle de pétasse de luxe, me pèse. Alors il faut bien que je m'enferme dans mon monde pour ne pas me laisser détruire. Je me surprend à espérer l'impossible. J'appréhende l'inexorable désillusion. Je n'ai personne, ici. Mes parents. Mes frères. Mais ça reviens à personne. Alors je garde mon téléphone près de moi. Parce qu'il est la seule chose à me rattacher à lui. A mon rêve, à ce qui me reste de beau. Soyons francs, je suis une gamine à la vie minable, alors j'ai bien le droit d'idéaliser une rock star, non ? Mais tout cela est vain, je le sais. Je tente quelques fois de m'en convaincre. Mais rester dans mes rêves est quand même préférable pour le moment.
Et quand le jour fatidique arriva, je ne puis pas vraiment dire que j'y étais préparée, mais j'avais repassé la scène tellement de fois en boucle sous tous les angles dans mon esprit qu'elle fut pour moi un simple événement banal. Comme l'aboutissement d'une pièce de théâtre qu'on a répété toute l'année. Chaque simple mot a été travaillé avec tellement d'application qu'ils viennent sans même qu'on les cherches. Quand le jour fatidique arriva :

-Allo ?

-hum... C'est Tom...


Mon coeur loupa un battement. Si le monde devait s'arrêter pour moi ne serait ce qu'une seconde, c'était celle là. Non. Je tentais de récupérer mon calme. Impossible. C'était impossible.

-Tom qui ?

-Des Tokio Hotel.

-Où ?


Il laissa passer un silence avant de comprendre le direct de ma question.

-Le même que la dernière fois.

-Quand ?

-Dans une heure ?

-Comment je rentre ?

-Comment tu t'appeles ?

-Ashley.


Je répondais du tac au tac. J'avais prévu de ne pas lui donner mon vrai nom.

-Je dirais aux gardes de te laisser passer par la porte de la ruelle de la dernière fois.

-A tout à l'heure ?

-A tout à l'heure.


Je laissais le bip sonore retentir du combiné à mon oreille. Je laissais aussi les pensées affluer à mon esprit. Ces tourbillons de fumée se bousculant maladroitement dans mon esprit. Un léger sourire naquit sur mes lèvres lorsque l'information remonta jusqu'à ma conscience. Impossible encore de réaliser à nouveau l'ampleur de ce qui m'arrivait. Mais j'arrivais à prévoir les questions de cet homme. Aussi jouais je mon rôle. Sans détours. J'aimais à penser que personne ne me connaissait vraiment, et même pour lui aujourd'hui, je ne faisais pas d'exeption à la règle. Je passais machinalement ma langue sur mes lèvres avant de partir en claquant la porte. Une heure. J'avais du chemin à faire. Un peu tard, je réalisais que mon téléphone était resté sur mon lit. Seul subsistait dans ma poche mon ipod et dans mon esprit la clef de mon destin.
# Posté le dimanche 18 novembre 2007 12:49
Modifié le samedi 01 décembre 2007 07:22

One Shoot

One Shoot
Article un peu spécial puisqu'il est écrit à deux. On a beaucoup travaillé sur ce texte pour mélanger deux choses à la base super différentes. J'espère que vous comprendrez le travail que c'est et que vous apprécierez le résultat.

Sans elle * Rien de tout ce que vous avez sous les yeux n'existerais...


Le soleil se couche maintenant. Le jeune homme aura passé l'après midi assis sur ce banc, dans ce parc. A réfléchir. Il n'a pas trouvé la réponse qu'il cherchait, mais il est bien décidé à faire bouger les choses. Il veut plus que tout, éviter de la faire souffrir, et pour ca, il faut qu'il sorte de sa vie. Leur histoire a assez durée. L'un et l'autre méritent mieux que ce semblant d'amour étouffé par la monotonie. Comme le lendemain de la meilleur journée de sa vie. La fin du plus beau voyage jamais entreprit. Oui. Lorsque l'on se réveille du plus profond des rêves. C'est un sentiment étrange, comme si tout ce qui était beau, excitant, tout ce qui faisait battre le coeur plus vite, était derrière. Passé. A jamais perdu. Comme si l'on en avait jamais assez. Mais le bonheur est éphémère, et la passion révolue. A jamais condamnée a n'être que souvenir. Depuis combien de temps n'a t il pas profité de ce sentiment de liberté ? Trop longtemps a son goût. Une pression et elle s'ouvre à lui, mais peut être a-t-il peur de la liberté au final ... Ce paysage éternel, sans limite, aussi attrayant qu'une femme, aussi stupéfiant qu'un shoot et aussi effrayant que la mort. Là où il n'y a que lui pour s'arrêter, peut être aussi la délicatesse d'un corps androgyne ou la beauté éclatante d'un visage. Oui, la peur de laisser aller son âme ambitieuse où bon lui semble. Car aujourd'hui son âme sonne creux, elle réclame l'amour, le pur, le fusionnel.
C'est un concentré de souvenir qui l'agite face au noir de la porte qui l'agresse. Il veut s'en aller, s'enfuir, mais il doit d'abord se libérer. Il sait. Il sait que rien ne va plus, il sent l'ennuie le ronger, le quotidien s'installer. Ce n'est que maintenant, lorsque dans son coeur tout est terminé, qu'il réalise la froide obscurité de cette porte. Il tente de ne pas ressasser le souvenir de leur rencontre. Il ne veut pas de ça. La passion infusée, il n'y plus la marque de son passage. Les relents d'émotions l'agressent.
Dans un élan de courage, son doigts, oubliant son intention, presse la sonnette. Le cri de la liberté s'évade jusqu'à ses oreilles avec agression. Des bruits de pas. Il reconnaît sa démarche gracieuse et fluide. Et effectivement, le coin d'une robe virevolte par la fenêtre de l'étage. Le coeur du jeune homme s'embale déjà. La porte s'ouvre sur sa belle. Livré définitivement à lui-même. C'est sans doute la dernière fois qu'elle lui ouvrira la porte avec un tel sourire.
Lorsqu'elle pose machinalement ses lèvres sur les siennes, il goûte une ultime fois à l'amertume. La saveur de l'amour lui manque.

-Bill

Murmure t elle avec ce sourire au coin des lèvres. Il le lui rend, crispé, comme le sont les membres engourdis de son corps. Car l'amour est consumé. Bill s'est résigné à le chercher, puisque l'amertume des baiser de Léa prouve combien son coeur, autrefois gonflé par l'amour, est aujourd'hui creusé en un abîme indestructible. La passion est déchue, la sensation s'envole et la routine le dévore. Il sait que tout cela doit finir, maintenant. Il suppose qu'elle le sait, sa belle.

Il y a bien des choses qu'il ne supporte plus en elle, mais il ne peut nier une chose: c'est qu'elle est belle. Belle de cette beauté qui eclipse le charme. Ce sont deux choses bien distinctes, la beauté et le charme. Le charme est irresistible, mais avec l'habitude, il se fâne. Il est désir, mais il s'éffrite. La beautée est immortelle. Une vielle personne même en garde les traits. Et elle est unique. Les détenteurs en sont le plus souvent inconscients, car elle apporte jalousie et intimidation. Léa, elle, sait qu'elle est belle, d'une certaine facon. Et sa beauté sans charme l'émeut toujours un peu, mais lorsqu'elle pose son regard sur lui, il ne peut pas penser qu'elle l'aime encore. Son regard est terne et profondément vide, ou bien il ne voit pas, aveuglé par l'envie enivrante de liberté. Cette fièvre à la fois tendre et aux effets ardents le gagne chaque jours un peu plus.

Mais la beautée de Léa n'a rien a voir avec l'amour qu'il a pour elle. Cet amour qui s'est fané, lui aussi. "Elle est trop bien pour lui", pense t il avec regret. Alors il lui lance un ultime regard. Il sait pertinement que, dans son regard, tout est exprimé et que les mots qu'il s'apprête à prononcer sont superflus. Pourtant, il est vital pour lui que ces mots soient dits.
La longue robe grise pâle a cessé de bouger. La porte derrière lui s'est refermée. Il fixe obstinément le sol, car il ne supporte plus le regard de la jeune fille. Elle a compris. En une seconde, tout le bonheur de la belle s'écroule. Remplacé par une peine infinie. Et c'est douloureux. Alors il fixe le sol. Elle se retourne, fait quelques pas. Sa mince silhouette transparaît à travers le léger tissus. Les yeux du jeune homme remontent sur ce petit ventre aux formes si complexes. Ce ventre qu'il a si souvent écouté. Ce ventre qu'il s'est si souvent imaginé gonflé par un enfant qui aurait été le sien. Parce que oui, il s'est imaginé père, avec Léa.
Alors il remonte un peu les yeux encore, prêt a affronter ce regard. La robe part en millions de petits plis sous la délicate poitrine de la jeune fille. Mais à cet instant, son corps tremble. Tout son monde tremble. Car c'en est la fin.
Et enfin ses yeux. Ces deux yeux bleu qui n'en peuvent plus de le fixer. Lui. Elle sait exprimer beaucoup de choses par son regard, elle aussi. Et ce qu'il y voit à l'instant précis est terrible. Ses yeux baignent dans cette humeur de disgrâce, loi du chagrin et de la douleur. Et la souffrance les rends si tristes. Ces deux yeux bleu. Les souvenirs remontent. C'est innexorable. Il a passé tellement d'heures, de journées à simplement les observer. Se plonger dedans. Il y a vécu, dans ces yeux bleu. S'est nourri et abreuvé de leur douceur. De leur amour. Mais tout cela est fini. Définitivement. Alors il se détourne de ces yeux qu'il ne peux plus fixer. Il les a changé, de toute facon.
Prit de court par le silence, il tente d'articuler quelque chose. Peu importe quoi, mais quelque chose. Ses lèvres s'entrouvrent alors que la jeune fille s'écarte de lui les yeux écarquillés par ce qu'elle vient de réaliser. L'ampleur de ce qui s'effondre l'effraie. Il prend ostensiblement une inspiration sans vraiment anticiper ce qu'il dira quand une voix qu'il ne reconnaît pas l'interromps.

-Tais toi.

Il se retourne vers celle qu'il pense ne plus aimer, surpris. Il ne l'a jamais entendu aussi froide et lointaine.
Il voudrait que ce soit déjà fini, car à cet instant, le trouble l'envahit
Il se retourne vers celle qu'il pense ne plus aimer, surpris. Il ne l'a jamais entendu aussi froide et lointaine. Il voudrait que ce soit déjà fini, car à cet instant, le trouble l'envahit. Il n'avait jamais pensé que leur histoire puisse se finir aussi mal. Il se sent coupable. Il tente un pas vers elle mais il ne peux réparer lui même ce qu'il a brisé. Pas maintenant. Et elle s'écarte de lui et sa tête chancelle dans une gracieuse signification ; elle refuse.
Elle tente encore de se persuader que rien n'est vrai mais lui s'approche encore. La jeune fille sursaute en rencontrant le mur glacé contre son dos, alors elle avance vers lui. Les yeux détournés, elle plaque sur son torse ses deux petites mains qu'il a si souvent serré dans les siennes, et elle le repousse en direction de la porte. Elle ne contrôle plus rien, les larmes commencent à dévaler ses joues à une vitesse impressionnante alors qu'elle lui hurle des mots à peine intelligibles :

-Vas t'en ! Sors d'ici ! Pars ! Allez, pars !

Sa voix flanche. Et le jeune homme, dépassé par tant de violence la laisse glisser au sol. Tomber à genoux. Il fait demi tour et ouvre brusquement la porte. Et ce sont deux mondes qui s'écroulent. Celui de la jeune fille. Et celui des certitudes du jeune homme. Il ne pourrait endurer ce qu'il lui fait endurer à cet instant.
Il sort, les larmes aux yeux. Il n'est sans doute pas pleinement conscient de la souffrance qu'il a provoqué. Il ne peux pas l'imaginer dans toute son ampleur. Il ne sent pas la liberté couler dans ses veines. Il ne sent pas non plus le vent caresser ses cheveux. Il sent juste la douleur le traverser. Sa culpabilité frémissante dans ses veines l'aveugle. L'aveugle au point qu'il ne voit pas l'exacerbation du métal l'emporter dans un sinistre crissement de frein. A tel point qu'il n'entend pas le hurlement déchirant de la belle Léa. Il ne la sent pas s'agiter au-dessus de lui, ses larmes ravageuses, ses hoquets terribles.
Sa silhouette cinabre gît sous les yeux brillants de Léa. Son ombre s'élève et la vie le quitte. Mais malgré la mort, sa noblesse éplorée s'agite toujours. Les étincelles dans les yeux de Léa ne l'empêcheront pas de monter, toujours plus haut car la nuit s'empare déjà de son esprit à jamais.
# Posté le dimanche 18 novembre 2007 14:10